À propos

Biographie

Née à Toulon en 1980, Catherine Aznar est une artiste plasticienne qui vit et travaille à Montreuil (IDF).

Son parcours artistique prend naissance au sein d’un cursus de recherche universitaire en arts plastiques à la faculté d’Arts et sciences humaines d’Aix-Marseille pour se poursuivre jusqu’en Master 1 en 2002 à l’université Panthéon-Sorbonne Paris 1 avec l’écriture de son mémoire « L’entre-deux comme visibilité d’une faille ».

L’année de sa soutenance de mémoire, elle intègre l’École des Arts Décoratifs de Paris (ENSAD) en spécialisation design textile avec pour ambition de mettre sa créativité couleur et matière au service d’une technique plus appliquée, la conceptualisation et la création de l’objet textile dans toutes ses variantes de fabrication et conception l’entraîne dès l’année d’obtention de son diplôme en 2005 à entamer une carrière dans l’industrie notamment dans le secteur de la mode et du luxe entamant ainsi des collaborations marquantes.

Dès 2012, en parallèle de l’enseignement et de la transmission de ses connaissances, elle décide de renouer avec ses valeurs sinon son domaine souche, celui des arts plastiques, de la recherche et de la création au sens premier du terme. Elle développe une démarche artistique personnelle pluridisciplinaire où la couleur, la matière et l’espace dialoguent dans une envie de repenser les limites de la peinture tradtionnelle.

Sa pratique se revendique transversale et traverse la peinture, la photographie plasticienne, la sculpture et la performance. Elle reçoit en 2017 le prix de la Critique.org décerné par le critique et commissaire d’art Christian Gattinoni au Salon d’Art Abstrait contemporain Réalites Nouvelles pour l’œuvre Photomatière NY, photographie plasticienne imprimée sur aluminium. Elle poursuit sa collaboration avec l’industrie notamment l’immobilier par lequel elle reçoit des commandes d’œuvres originales destinées à intégrer des programmes issus des nouveaux projets d’infrastructure du Grand Paris. En parallèle, elle expose et performe en galerie, salons, centres culturel et lieux publics et vend auprès de particuliers, collectionneurs et entreprises.

Au-delà du cadre, Catherine Aznar s’affranchit d’un art conventionnel pour répondre à une nouvelle définition de la peinture dont la matérialité renvoie avant tout au support et dont les nouveaux outils constitueraient les nouvelles adhérences plastiques des formes de la peinture. Les supports matériels de sa peinture comme l’aluminium, le cuivre, le laiton, le plexiglas, le papier deviennent des formes volumétriques sur lesquels elle impulse, sculpte, peint au recto comme au verso. Par l’inframince d’une surface, elle déploie un hors champ, un hors toile jusqu’à la performance qu’elle travaille comme un tableau vivant dans lequel le geste et son corps deviennent la voie d’une nouvelle peinture en mouvement ; au plus près du vivant et dans des paramètres d’espace, de temps et de transformation de la matière pour raconter avant tout l’instant.

Catherine Aznar

CV

Diplômes

2005
École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris
2002
Master 1 en Arts Plastiques, Licence à l’université d’Aix-Marseille et Master à Sorbonne-Panthéon Paris 1

Expositions personnelles

2024
ARSÈNE I Montreuil, Exposition de photomatières
2023
LAMBERT & COLSON I Montreuil, «Photomatières»
2022
CENTRE CULTUREL ANDRÉ MALRAUX l Le Pecq Vésinet, exposition monographique
2022
GALERIE MONDAPART l Boulogne-Billancourt, «Plasma»
2019
GALERIE DEUX6 l Paris 7 Exposition personnelle Onde Fractale
2018
SOFITEL PARIS LE FAUBOURG l Paris 8 « Mouvement de la couleur, une rencontre entre ligne et matière »

Performances

2023
EFEO I Paris 16, En clôture du colloque «Fascinations réciproques, le Japonisme», en présence du conservateur du musée Cernuschi
2023
LE 71 I Montreuil, laboratoire de recherche multimédia, 1ère présentation en public, projet en cours de recherches
2021
SALINS DE GIRAUD, Camargues I Salines, performance in situ
2021
MIMIZAN, Nouvelle Aquitaine I H2O, performance in situ
2019
GALERIE DEUX6 l Paris 7 Performance « Onde Fractale» avec le flûtiste Paolo Vignaroli
2019
USINE CHAPAL I Montreuil, Laboratoire performatif collectif transdisciplinaire
2017
USINE CHAPAL I Montreuil, sous-venir, performance solo
2017
LE VENT SE LÈVE l Paris 19, Rencontre & performance sur le projet « Vous dansez ? », avec la Compagnie Les Alouettes Naïves
2015
LE 99 l Paris 18 Manicomio Performance, peinture, musique et poésie
2014
ATELIER BYZANCE l Paris 11, Performance free jazz en peinture avec les musiciens NOW

Expositions collectives

2025
MADISON HÔTEL l Paris 6, Exposition Femmes Plurielles
2024
BOBINES DE FEMMES l Lanloup (Côtes d’Armor), festival de cinéma conscrée aux femmes réalisatrices, rencontre publique
2022
MAIRIE DE SAINT MANDÉ l Saint-Mandé Exposition et vente aux enchères
2022
GALERIE DEUX6 l Paris 7, Exposition « Viva co Vida » avec les artistes historiques de la Galerie Deux6
2019
YIA l Young International Art Fair, Rivoli Building, Paris 1, Exposition
2019
MAISON D’ARRÊT DES FEMMES DE FLEURY-MEROGIS l Fleury-Mérogis, Œuvre collective « La Danse de l’Air» réalisée avec la Compagnie de théâtre Les Alouettes Naïves, les femmes détenues et La Fondation d’Art Villa Seurat
2019
GALERIE VOZ l Boulogne-Billancourt, Rencontre et présentation publique : Écoutez Voir
2018
SALON D’ART ABSTRAIT CONTEMPORAIN RÉALITÉS NOUVELLES, Parc Floral de Vincennes
2018
GALERIE ABSTRACT PROJECT l Paris 11, « Ce qui aurait pu ne pas être »
2017
SALON D’ART ABSTRAIT RÉALITÉS NOUVELLES, Parc Floral de Vincennes, Prix de La Critique.org
2017
PARIS ARTISTES, Bastille Design Center, Paris 11
2017
PARIS ARTISTES, Ellipse, Paris 7

Distinctions

2019
LAURÉATE de l’appel à projets de La Fondation Villa Seurat pour l’Art Contemporain pour l’œuvre collective «La Danse de l’Air» avec la compagnie de théâtre «Les Alouettes Naïves»
2017
PRIX de Lacritique.org pour l’œuvre « Photomatière NY », exposée au Salon Réalités Nouvelles

Commandes

Conception et réalisation d’œuvres originales pour les programmes immobiliers de la filiale Nexity Apollonia.

2018
Villes de Louvres, Poissy, Bordeaux
2017
Villes de Asnières-sur-Seine, Massy
2016
Villes de Ermont-Eaubonne, de Asnières-sur-Seine, Stains, Athis-Mons, Louvres
2015
Villes de Juvisy-sur-Orge, Palaiseau
2014
Villes de Juvisy-sur-Orge, Stains
2016
SONIA RYKIEL, Paris 6. Créations textiles originales pour la collection et le défilé prêt-à-porter femme été 2017
2007
BALENCIAGA, Paris 6. Créations textiles originales des défilés et collections prêt-à-porter luxe Automne/hiver 07-08, Pré-collection Eté 08, défilé Printemps/été 08
2006
CHANEL, Paris 1. Créatrice textiles originales pour les défilés et collections prêt-à-porter luxe Automne/hiver 06-07 et croisière 07

Transmission

2019-24
L’ ATELIER EXPRESSIONS I Paris 11 et Montreuil, Création d’un lieu consacré à l’apprentissage l’art plastique de l’enfant à l’adulte
2023-24
PLAISIR D’ENFANCE I Paris 19, Ecole Montessori, accompagnement et apprentissage de la créativité poour enfants 3/6 ans

Critique

La couleur par tous les moyens, une histoire rénovée.

Par Christian Gattinoni, Critique d’art et commissaire
Article de presse du 18 novembre 2017

Née en 1980 à Toulon, Catherine Aznar se forme aux arts plastiques à l’université d’Aix-Marseille. Après un mémoire sur « L’entre-deux comme visibilité d’une faille », elle intègre l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris pour être diplômée en design textile. Elle développe alors professionnellement ses talents de conceptrice matière, couleurs et imprimés. Elle enrichit ses nombreuses ouvertures à la décoration et à la mode par son œuvre picturale profitant d’une conception novatrice des abstractions colorées.

Dans ses Histoires de peintures, Daniel Arasse distingue deux formes de réception de ce type d’œuvre : « il y a donc cette double émotion : l’émotion choc devant, pour moi en général, le coloris et, complémentairement, l’émotion de le densité de pensée qui est confié à la peinture ». Face aux productions de Catherine Aznar, nous sommes nous aussi d’abord sensibles à la splendeur de ses variations colorées. Nous intéressant à ses multiples techniques mises en œuvre nous y voyons transparaitre son concept transversal tout à fait contemporain. Cette œuvre se situe théoriquement dans un après Gerhard Richter, notamment dans le débat entre photographie et peinture sur la question de la représentation. Arasse dans le même essai montre à propose de Rothko « comment la figure s’était engloutie dans l’abstraction, et comment elle continuait à travailler, comment il y avait dans cette abstraction un corps absent continuant à travailler ». Catherine Aznar ne renoue que partiellement avec la figure, l’ensemble des supports qu’elle utilise, à l’exception de la toile justement, plexiglas, aluminium ou papier en minent les contours tandis que les techniques de report lui constituent un corps qui travaille en sous-œuvre, dans l’aléatoire d’une reproduction imparfaite, ainsi de l’oxydation.

Les photomatières peuvent s’ordonner en lignes de matière ou en lignes de couleurs. Dans le premier cas une figure sans bord franc semble surgir du cœur même de la matière d’aluminium. Ses productions sont proches alors des encaustiques de Philippe Cognée, dans une imprécision plus troublante. Pour la série des Blancs réversibles elle paraît creuser le cœur de ce support de plexiglas, ni mat, ni opaque. L’utilisation de son envers rappelle alors les miniatures sous-verre d’un Philippe Favier sans avoir le maniérisme, ses dimensions confrontant directement à la transparence. Support et matière peuvent encore voir une figure plus couvrante fusionner dans la série des Temporalités qui mêlent impression et oxydation sur papier.

Quant aux peintures elles relèvent de deux règnes, celui du minéral et celui du métal, surtout quand elles se cantonnent à deux dimensions. Sa peinture se trouve toujours profondément sédimentée reprenant des processus naturels de constellations, de concrétions, d’érosion ou de fossilisation. Comme elle revendique « dans cette géologie de la matière la couleur dessine ». Elle suscite des évocations poétiques, sensations paysagères ou représentations terrestres, célestes, effets aquatiques ou gazeux.

Dans son expérimentation conjointe de la couleur et de l’espace l’artiste reprend le matériau qui a fait l’objet de toutes ses études, le textile, notamment sous l’espèce synthétique de nylon. Elle lui associe l’acrylique ou la gouache pour générer ses mobiles. Ces architectures aériennes donnent dans l’entre-deux de leur mouvement une nouvelle énergie à la couleur.

Quand ses peintures voient leur support se structurer sur un troisième plan, elles s’incurvent pour devenir pseudo-sculpture ou décor d’installation. On peut les concevoir comme les maquettes de ces scènes où elles convoquent d’autres créateurs. En effet pour accentuer la rénovation matiériste générale qu’elle recherche, l’horizon du geste se profile en performances. La fluidité restant une qualité de l’ensemble de ses productions, elle collabore avec différentes danseuses pour poursuivre ses recherches autour du corps et de la peinture en mouvement. Cet apport sensoriel engage une narration grâce l’authenticité du geste inscrit sur cette temporalité vécue dans l’espace qui restaure une histoire contemporaine de la couleur.

Lien : https://www.lacritique.org/catherine-aznar-la-couleur-par-tous-les-moyens-une-histoire-renovee/